Une décharge issue d'un trafic de déchets n'en fini pas de polluer

Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), reportage

« Je m’inquiétais que les fumées de l’incendie aillent vers les poumons de mon petit garçon. Il était en maternelle. Aujourd’hui il a 9 ans. » Laure Jaurès, animatrice en éducation à l’environnement dans l’association 8 vies pour la planète déplore une catastrophe toujours en cours sur les hauteurs de son village. Le 26 décembre 2021, un terrible incendie a marqué la commune de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône), aux 8 000 habitants au bord de l’étang de Berre. Déclaré dans un entrepôt de déchets, il n’a été éteint que le 11 février 2022.

Les eaux d’extinction devant être contenues et traitées pour ne pas polluer la Touloubre et in fine l’étang de Berre dans lequel se jette ce petit fleuve qui coule à 200 m du site. Les pompiers ont maîtrisé leur arrosage durant ces six semaines. Sur place, ils avaient estimé un volume de déchets trente fois supérieur aux 1 000 m3 cubes autorisés par la préfecture.

L’entrepôt, exploité par la société Recyclage concept 13, pourrait avoir été le maillon d’un trafic de déchets entre l’Espagne et la France, sur lequel la justice enquête, comme l’a raconté Marsactu. Quatre ans et demi après le sinistre, seulement la moitié des ordures ont été évacués lors des opérations sur l’incendie. 16 000 tonnes de déchets sont toujours sur place, selon l’estimation de la mairie de Saint-Chamas.

Des tas d’immondices jonchent un hectare sur le terrain où l’entrepôt a été détruit pour accéder à la combustion. Ils gâchent le paysage de garrigue observable depuis les trains qui circulent entre Marseille et Arles (Bouches-du-Rhône). Des arbres poussent à leur sommet. Dans les massifs de plastique, des coquelicots et autres fleurs marquent l’avènement du printemps. Un autre type de pavot s’y épanouit également, la glaucière jaune (glaucium flavum). « Elle est typique des milieux…

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Auteur: Estelle Pereira, Pierre Isnard-Dupuy

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