« Une dégradation est quasiment inévitable » : pourquoi la France devrait perdre son double A chez Moody’s

C’est l’autre poudrière du moment. Jeudi, la France a vécu une journée mouvementée sur les marchés obligataires. Le taux de l’emprunt pour la dette française a dépassé le seuil des 5 % pour la première fois depuis 2002 et il s’est maintenu toute la journée au-dessus de cette barre symbolique.

Comme de nombreuses économies, la France fait face à un mouvement généralisé de remontée des taux d’intérêt, sous l’effet de craintes inflationnistes, d’anticipation de politiques plus restrictives de la part des banques centrales ou encore des besoins en capitaux élevés de la part du secteur des nouvelles technologies.

La remontée des taux souverains a été en proportion plus brutale en France, en raison de sa difficulté à s’extirper de ses problèmes budgétaires. La dégradation des comptes en 2026 et les premiers débats à l’Assemblée nationale sur le budget 2027 n’ont pas aidé le pays à retrouver la confiance des investisseurs, qui demandent une prime de risque de plus en plus importante. La divergence avec nos partenaires le montre. Le taux français a même dépassé jeudi celui des Etats-Unis.

L’écart avec l’Allemagne a aussi continué de se creuser, il s’est établi jeudi à quasiment 1,8 point de pourcentage de différence, la plus importante depuis la crise des dettes souveraines européenne de 2011. En janvier, seulement 0,5 point de pourcentage d’écart distinguait les deux taux. La colère sociale et les…

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Auteur: Guillaume Jacquot