L’incision des rivières
Après un hiver excédentaire en pluies, le printemps a inversé la situation. Dès avril, les précipitations ont chuté de 70 % en moyenne sur le pays, asséchant fortement les sols. Après 15 jours de nouveau pluvieux début mai, les vagues de chaleur se sont enchaînées les unes après les autres, frappant tout le pays. Résultat, à la mi-août 2026, 77 % du territoire est soumis à la sécheresse rapporte Météo-France.
Au-delà des impacts du dérèglement climatique, cette situation illustre à quel point nous avons maltraité nos cours d’eau et zones humides en France. Depuis trop longtemps, les rivières sont perçues comme un unique cours d’eau ; alors qu’une rivière en pleine santé est constituée de bras, de méandres, de chenaux, de canaux, de plaine alluviale…
« Aux Etats-Unis, ils emploient le mot « riverscape » qui pourrait se traduire par « rivière paysage », précise Suzanne Husky, co-autrice de l’ouvrage Rendre l’eau à la Terre, dans notre livre-journal EAU.
Carte nationale des cours d’eau protégés par la loi sur l’eau en France métropolitaine en 2023 – Crédit : INRAE
Fut un temps où la France était composée d’un tiers de zones humides. Pendant des siècles et des siècles, on a fait l’inverse de ce qu’il faudrait : artificialiser les sols, bétonner les berges, rectifier les cours d’eau pour les rendre droits, drainer les zones humides et le moindre marécage, raser les haies et les bocages. En France, près de 90% des cours d’eau ont été modifiés par l’humain : rectifiés, endigués, busés, « canalés ».
« Nos rivières sont devenues des autoroutes pour que l’eau s’écoule de plus en plus vite vers la mer », résume Nicolas Celnik, co-auteur du livre Les Assoiffeurs, au micro de France Culture.
Les rivières ont été transformées en “tuyaux d’évacuation” à ciel ouvert, avec des berges bétonnées, des lits trop profonds, des…
Auteur: Laurie Debove
