Des clusters de cancers
Des chercheurs français (Institut de recherche pour le développement, Institut Pasteur et Université de Toulouse) et péruviens (Institut national des maladies néoplasiques) ont travaillé ensemble pour mieux comprendre le lien entre mélange de pesticides et cancers.
Jusque-là, les études réalisées peinent à prendre en compte la complexité du fameux « effet cocktail » : l’exposition simultanée à différents pesticides. Leurs travaux sont publiés dans la revue Nature Health.
« Le Pérou, berceau de la domestication des plantes, allie un riche patrimoine agricole à de fortes pressions socio-écologiques qui repoussent les limites planétaires, ce qui en fait un terrain d’étude privilégié pour la modélisation des risques de cancer liés aux pesticides », notent les auteurs, précisant que le recours aux pesticides y est en plein essor.
Grâce à des modélisations prenant en compte la dégradation des pesticides et leur dispersion, les régions les plus exposées aux 31 pesticides les plus couramment utilisés dans le pays ont été identifiées, aucun de ces pesticides n’étant considéré comme un cancérigène avéré.
Cette cartographie a été combinée aux données issues du registre de l’Institut national péruvien du cancer de la période 2007-2020, qui ont permis de mettre en évidence des clusters de cancers. Il en ressort une forte association spatiale entre risque d’exposition aux pesticides et incidence du cancer.
Les chercheurs ont identifié 436 « hotspots » à travers le Pérou, où le risque de développer un cancer est en moyenne 150 % plus élevé qu’ailleurs.
« Ces zones à haut risque de cancers associées significativement aux pesticides sont concentrées de manière disproportionnée dans les zones rurales soumises à une forte pression anthropique », observent les auteurs.
« Ce constat souligne l’interaction complexe entre la dégradation de l’environnement, la…
Auteur: Charlene Catalifaud

