Le monde d’aujourd’hui regorge de catastrophes réelles. Mais de la préparation militaire aux fantasmes de déportation massive, l’extrême droite et la droite extrémisée promettent à leurs partisans de meilleures catastrophes : celles où ils seront aux commandes. Entretien avec Richard Seymour, qui vient de publier Disaster Nationalism, aux éditions Verso.
Lorsque Carlos Mazón a pris le pouvoir à la tête d’un gouvernement de droite à Valence l’année dernière, il semblait que la crise climatique n’avait rien d’inquiétant. Il avait formé une coalition entre son parti conservateur, le Partido Popular, et le parti d’extrême droite, Vox, et pour sceller l’accord, il avait accepté de supprimer l’Unité d’Intervention d’Urgence de Valence. Le mois dernier, Valence a été dévastée par des inondations qui ont fait plus de 200 morts, les alertes n’ayant pas été diffusées et les patrons ont refusé de laisser les travailleurs rentrer chez eux pour se mettre à l’abri. Alors que la crise battait son plein, Carlos Mazón profitait d’un long déjeuner.
Malgré ces responsabilités politiques, l’extrême droite a tenté de tirer profit de la catastrophe. Elle reproche au Premier ministre Pedro Sánchez et à son gouvernement de gauche d’avoir détruit des barrages datant de l’époque franquiste qui auraient permis d’arrêter les crues soudaines. En réalité, comme le rapporte El Diario, la grande majorité des barrages supprimés étaient de petits déversoirs de moins de deux mètres de haut, et tous étaient des « infrastructures inutiles ». Les barrages franquistes n’auraient pas sauvé les habitants de Valence. Mais pour les partisans de la droite, qui nient l’existence d’une véritable catastrophe et en inventent de fausses, cette hallucination est essentielle pour comprendre la destruction de l’Espagne.
Cette tendance de la pensée de droite est le sujet du nouveau livre de…
Auteur: redaction

