Une famille en guerre contre Monsanto

« En dix-sept ans de lutte, nous n’avons jamais arrêté notre veille sur le glyphosate, nous avons rencontré énormément de personnes formidables mais nous avons aussi perdu beaucoup de naïveté », résume Sabine Grataloup, qui ne peut s’empêcher de lâcher un petit rire. Au fil des années, c’est surtout la persévérance et la résilience qui qualifient le mieux la famille Grataloup, qui attaque de front Monsanto (racheté par Bayer) depuis son dépôt de plainte en 2018.

Ce jeudi 3 avril, ils se retrouvent au tribunal de Vienne (Isère) face au géant de la chimie qu’ils accusent d’être responsable des malformations congénitales de leur fils Théo, exposé in utero à un herbicide contenant du glyphosate, substance chimique créée et commercialisée par Monsanto. « Il s’agit d’une procédure civile, et nous attendons la reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans la fabrication et la fourniture du glyphosate et la reconnaissance du lien de causalité entre le glyphosate et les malformations congénitales de Théo », précise Me Bertrand Repolt, avocat au cabinet Bourdon et associés, qui soutient la famille depuis de nombreuses années.

Comme Jacques Fortin, atteint de Parkinson, les victimes des pesticides doivent subir un parcours du combattant pour obtenir la reconnaissance de maladie professionnelle. Alors que l’UE propose le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, au mépris du principe de précaution et d’études alarmantes, la coalition Secrets toxiques mise sur la pression citoyenne pour réformer un système d’évaluation laxiste avec les industriels. Notre dossier spécial (novembre 2023).

Théo est né en 2006, avec de graves malformations au niveau de l’œsophage, du larynx et du système respiratoire, et a déjà subi plus de 55 opérations chirurgicales…

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Auteur: Vanina Delmas

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