La France n’est pas à droite, mais sa dynamique politique la pousse vers une droite de plus en plus à droite. Les valeurs qui sont le socle de la gauche n’ont pas disparu, mais le vote de gauche est au plus bas depuis 2017. Notre histoire a vu, à plusieurs reprises, s’installer des courants politiques « attrape-tout », attirant des groupes sociaux et des secteurs d’opinion très variés. Ce fut le cas des gaullistes en 1958 et du PS mitterrandien en 1981. Aujourd’hui, c’est le RN qui correspond le mieux à cette image. Nul à gauche ne joue dans cette catégorie.
La gauche n’est pas parvenue à incarner une alternative crédible, assez forte pour stimuler un sursaut.
L’extrême droite est en pole position, comme c’est le cas dans beaucoup de pays, en Europe et dans le monde. Cela n’a rien de fatal, mais, à ce jour, on n’a pas trouvé la parade pour contenir sa percée. La droite porte bien sûr une responsabilité écrasante dans le processus en cours ; pourtant, la gauche aurait bien tort de se contenter de la dénoncer. Elle n’est pas parvenue à incarner une alternative crédible, assez forte pour stimuler un sursaut, porté par un mouvement social en manque de repères plus que de raisons d’être en colère. En cela, la gauche a elle aussi sa part de responsabilité.
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À vrai dire, elle n’a pas tiré toutes les conséquences de ce qui est devenu un état de fait : la société est éclatée et le monde est incertain. Le peuple n’a plus de groupe central, la moyennisation s’est enlisée, l’utopie propulsive de la « Sociale » s’est érodée dans toutes les formes qui furent les siennes au XXe siècle. Le ruissellement de la richesse vers le bas ne s’est pas produit, la libre…
Auteur: Roger Martelli

