Une gauche ukrainienne en construction sur plusieurs fronts

Le 17 septembre, l’ONG socialiste ukrainienne Sotsialny Rukh (SR – Mouvement Social)[1], tenait une conférence nationale à Kyiv. Loin d’un simple compte-rendu factuel et ponctuel,  il s’agit ici d’éclairer ce qu’est le profil spécifique de cette jeune gauche, à partir de sa pratique militante au coeur de la société ukrainienne et en rupture avec les grandes interprétations contradictoires dominantes de « l’Euro-Maidan » (2013-2014) qui divisent la gauche et sont exploitées par Poutine.

Ce faisant, il s’agira aussi de « remonter » aux divergences traversant de longue date les gauches marxistes sur la portée d’une Ukraine souveraine dans la construction et le démantèlement de l’URSS – également mobilisées par Poutine pour légitimer son « opération militaire ». Dans le contexte actuel d’une guerre aux enjeux mondialisés, nous verrons que les questions auxquelles se confronte SR sont bien loin de n’être qu’ukrainiennes.

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Je me suis rendue à la conférence de Sotsialny Rukh (SR) à un double titre[2] mais avec un seul but, cohérent avec les positions défendues dans les différents réseaux où je suis insérée : consolider les liens internationalistes par en bas avec cette jeune gauche ukrainienne. Des liens noués au coeur de la crise ukrainienne de 2013-2014 et renouvelés contre la guerre d’agression impériale russe. Et des liens essentiels parce qu’il s’agit d’une résistance précieuse et fragile aux politiques et idéologies dominantes qui s’affrontent au sein de la guerre et dans l’actuel ordre impérialiste mondial.

Cette guerre-là, vue de Kyiv mi-septembre, était à la fois lointaine et bien présente : comme on le sait et comme on le voit dans les rues de la ville,  les activités ont repris et semblent « normales » depuis le repli stratégique des troupes russes vers le sud et l’est du pays. Et pourtant la guerre demeure là de multiples façons – outre la chute de niveau de vie (avec un salaire  moyen de l’ordre de 400 euros), des millions de personnes déplacées ou réfugiées, des pertes d’emplois, des morts, destructions et violences multiples notamment pour les femmes. La guerre se rappelle fréquemment par des sirènes d’alertes quand les forces russes lancent des missiles sans qu’on sache quels lieux stratégiques du pays sont ciblés. Ce fut notamment le cas, à plusieurs reprises mi septembre, quand des missiles ont visé dans la région minière de Krivih Rih la centrale hydraulique et ses barrages, produisant des inondations…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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