Clément Montigny, délégué syndical du Syndicat des Travailleur.euses du jeu vidéo à Ubisoft Montpellier. (« Le Poing »)
Pour la première fois, une grève nationale aura lieu dans le secteur du jeu vidéo ce jeudi 13 février, à l’initiative du syndicat des Travailleur.euses du jeu vidéo. Montpellier ne sera pas en reste, avec un piquet de grève devant les locaux d’Ubisoft. Le Poing a discuté avec Clément Montigny, délégué syndical du STJV dans l’antenne montpelliéraine de l’entreprise pour en savoir plus sur cette mobilisation
Le Poing : Comment est née l’idée de cette grève nationale dans tout le secteur du jeu vidéo ?Clément Montigny : Notre syndicat a huit ans, et cette grève nationale découle de huit années de luttes et de constats partagés partout : des retards de production liés à des mauvaises décisions de la part des directions, des chefs qui n’écoutent pas leurs salariés, des risques psychos-sociaux élevés, notamment de burn-out, et des salaires trop bas.
Comment vous-êtes vous organisés pour construire cette grève ? Y a t-il eu des difficultés ?Le mouvement se structure depuis l’automne, et notamment la précédente grève à Ubisoft. On s’est organisé à distance, via des canaux numériques, pour mutualiser tracts et visuels. En effet, c’est dur de se mobiliser dans ce secteur, où il peut y avoir des pratiques anti-syndicales de la part des directions, c’est aussi pour ça qu’on le fait que maintenant, au bout de huit ans d’expérience. J’ai le souvenir d’un panneau syndical pourri par un message “faites des jeux, pas la grève”, ou de directions qui recadrent des salariés qui ont partagé des messages de soutien à la Palestine. Il y a quelques années, on aurait jamais pu le faire, mais maintenant, on est suffisamment structuré, avec 23 sections syndicales un peu partout.
Quelles sont vos revendications ? Il y en a quatre principales, la première…
Auteur: Elian Barascud

