Dans un rapport, publié le 15 juin, le réseau Sortir du nucléaire révèle qu’au moins 5,9 milliards de poissons, de crustacés et de méduses, aspirés dans les systèmes de refroidissement des réacteurs, meurent chaque année. En moyenne, chaque jour, 16 millions d’animaux aquatiques sont les victimes collatérales du parc nucléaire français. C’est, selon l’association, « une hécatombe invisible » qui frappe les fonds aquatiques.
Ces chiffres importants et inédits viennent de documents internes d’EDF que l’association a réussi à obtenir. Contrairement à EDF, l’organisation a préféré communiquer sur le nombre d’individus plutôt que sur des volumes de poissons morts. « Personne ne se rend compte de ce que représentent 46 tonnes ou 600 tonnes de poissons », précise ainsi au Monde Marjorie D’Agostino, chargée de la surveillance citoyenne et de la veille technique au sein de Sortir du nucléaire. Insister sur le nombre d’individus tués permet de mieux se rendre compte des dégâts engendrés et de la valeur écologique et écosystémique d’une espèce.
« Une stratégie d’invisibilisation du phénomène »
« En plus dans les communications D’EDF, les bancs de poissons ou les méduses sont qualifiés d’“agresseurs” lorsqu’ils risquent d’obstruer les prises d’eau, renversant la question de la responsabilité environnementale », poursuit l’association dans un communiqué. C’est « une stratégie d’invisibilisation du phénomène », dénonce-t-elle.
Concrètement, comment cela se passe ? Pour assurer leur refroidissement, les centrales nucléaires prélèvent d’immenses quantités d’eau. Chaque minute, l’équivalent d’une piscine olympique. La faune aquatique, prise au piège, est aspirée, elle va passer par les mailles d’un tambour filtrant, connaître des chocs thermiques, chimiques et mécaniques. Les organismes les plus grands vont être coincés,…
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