Avant même l’intensification du conflit dans l’est de la RDC, en début d’année, cette nation d’Afrique centrale était déjà le théâtre de la troisième crise de déplacement interne la plus grave au monde. Pas moins de 7,8 millions de Congolais avaient en effet quitté leur foyer pour trouver refuge ailleurs dans ce pays riche en minerais et miné par les conflits, où les groupes armés pullulent.
« Ces affrontements entraînent toujours des grands déplacements, des centaines de milliers de personnes qui fuient leur village chaque fois qu’il y a des combats, ce qui les expose à des risques très graves », explique le coordinateur humanitaire des Nations Unies en RDC, Bruno Lemarquis, dans un entretien avec ONU Info.
Les déplacés de la crise du M23
Bruno Lemarquis (à droite), coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC, en visite dans le Nord-Kivu, à l’est du pays.
L’offensive militaire lancée au mois de janvier par les rebelles du M23, avec le soutien de l’armée rwandaise, dans deux provinces de l’est du pays, le Nord- et le Sud-Kivu, n’a fait qu’empirer la situation, contraignant davantage de civils à fuir les combats, alors même que, pour beaucoup d’entre eux, ils vivaient déjà en exil.
« De nombreuses familles se déplacent plusieurs fois », souligne M. Lemarquis, qui préfère parler de « polycrise », tant les personnes déplacées cumulent les vulnérabilités au niveau sécuritaire, humanitaire et financier.
Formé en 2012 par d’anciens soldats congolais issus de l’ethnie tutsie, le Mouvement du 23 mars, dit M23, tire son nom de la date de signature des accords de paix de 2009 entre le gouvernement de la RDC et une faction rebelle tutsie – accords que le groupe accuse Kinshasa de ne pas avoir respectés.
Après s’être brièvement emparé de Goma, la principale ville du Nord-Kivu, en novembre 2012, le M23 a été vaincu et contraint à l’exil…
Auteur: Nations Unies FR

