Un hommage national devait donc être rendu ce 7 février aux victimes françaises du Hamas. Parmi les 1 200 personnes qui ont perdu la vie dans l’attaque du mouvement islamiste, le 7 octobre dernier, aux abords de l’enclave palestinienne de Gaza, 42 étaient françaises ou franco-israéliennes. Comme le veut l’usage, le président de la République a invité à cette cérémonie des représentants de la nation, sans distinction d’opinion politique, philosophique ou religieuse. Mais cette indistinction a fortement déplu à cinq familles de victimes qui ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander d’exclure La France insoumise de cet événement, au prétexte qu’elles réprouvent les positions de ce mouvement.
Qui sait si l’homme politique n’aurait pas été tenté d’accéder à cette demande bien peu républicaine ? Mais le président, lui, a su rester à hauteur de la fonction. Ajoutons qu’il a fait savoir qu’un « moment mémoriel » sera dédié ultérieurement aux victimes françaises des bombes israéliennes. Tout est bien, donc. Si le pire a été évité, cela n’empêche pas de revenir sur ce qu’on a presque honte d’appeler « la polémique ». Que reprochent les familles de victimes à LFI, sans considération d’ailleurs de la diversité qui s’est exprimée au sein du mouvement ?
Dans ce courrier écrit par le collectif No Silence, les familles accusent LFI de « relativisme et de négationnisme ». Le reproche porte, on l’a compris, sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon qui, au lendemain de l’attaque, avait refusé de qualifier de terroriste l’action du Hamas et, par conséquent, le Hamas lui-même. Nous avions regretté ici même que le leader de LFI nie une évidence. Pour tout un chacun, tuer 1 200 personnes en aveugle, et avec un supplément de barbarie, c’est évidemment du terrorisme. Sans préjuger de l’analyse du contexte, et des…
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Auteur: Denis Sieffert

