Une jeunesse toujours plus réprimée

La réponse répressive opposée au mouvement lycéen est singulièrement choquante. Mais plus encore, c’est le constat d’un déplacement de ce que le pouvoir politique considère comme une réponse normale à une mobilisation de jeunes qui interpelle.

En octobre 2010, un lycéen de 16 ans, Geoffrey Tidjani, est atteint en plein visage par un projectile tiré par un policier, alors qu’il participe au blocage d’un lycée de Montreuil, dans le cadre des mobilisations contre la réforme des retraites.

À l’époque, le choc est tel que même le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, alors identifié à une droite dure et punitive, demande aux policiers de limiter la force au strict nécessaire. Cet appel à la retenue intervient déjà dans une politique sécuritaire mais le pouvoir tient à rappeler que la présence de lycéens appelle une vigilance particulière.


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Quinze ans plus tard, alors que plusieurs lycéens sont mutilés, Laurent Nuñez, occupant les mêmes fonctions, affirme qu’il n’a donné aucune consigne de retenue et assume le recours à l’armement intermédiaire. Non seulement, même en présence de mineurs, la désescalade n’est plus envisagée mais l’absence de retenue symbolise l’affirmation d’une fermeté présentée comme une qualité.

Cette évolution dramatique s’inscrit dans une histoire qui a pris un tournant singulier durant les dernières décennies. Depuis les années 2000, les équipements des forces de police sont alourdis par des lanceurs de projectiles, considérés comme des armes de guerre par le code de sécurité intérieure : Flash-Ball, puis LBD 40.

Ces armes sont…

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Auteur: Rokhaya Diallo