Il y a maintenant cinq ans presque jour pour jour, je publiais un article dans lundimatin qui s’intitulait Une Lumière jaune et qui revenait sur la récupération de Gustave Courbet par Macron, sur le mouvement des Gilets jaunes et sur Marseille après le drame de la rue d’Aubagne. Cet article est la suite. Je reviens sur celui qu’il est difficile de ne pas évoquer quand on écrit sur la peinture, sur Courbet et la région marseillaise. Je voulais déjà le faire à l’époque en lui consacrant un dernier chapitre mais l’immensité de sa figure et des choses à en dire m’avaient finalement dissuadé, l’article étant déjà très dense. Ce nom c’est bien entendu celui de Cézanne.
« Le soleil est si effrayant qu’il me semble que les objets s’enlèvent en silhouette, non pas seulement en blanc ou noir, mais en bleu, en rouge, en brun, en violet. »
Lettre de Cézanne à Pissarro du 2 juillet 1876.
C’est sur un petit encart aux côtés de la toile de Cézanne, Golfe de Marseille vu de l’Estaque, que j’avais pu lire cette phrase du maître aixois écrite dans une lettre à son ami Camille Pissarro lors de l’un de ses séjours dans ce qui n’était encore qu’un petit village détaché de Marseille. Le tableau prêté par Orsay était descendu de Paris pour l’exposition Peindre Marseille au Musée des Beaux-arts l’année dernière, à l’été 2024. L’œuvre était particulièrement surveillée, de peur sans doute que ne se reproduise un drame] qui aurait encore un peu plus entaché la réputation de la ville. On sentait qu’une fois de plus Paris avait fait la leçon à Marseille, lui avait dit de faire attention et de se tenir à carreaux. Le tableau avait ainsi droit à son propre gardien qui ne le lâchait guère des yeux, d’un marquage au sol à ne pas franchir et d’une vitre comme beaucoup de tableaux exposés aujourd’hui. Bref, tant d’obstacles qui empêchent de voir vraiment puisque la peinture…
Auteur: dev

