Revenant sur la capitulation de Syriza en 2015 et sur le bilan des gouvernements « progressistes » espagnols, il entend montrer que la volonté de concilier une politique alternative et le respect des contraintes européennes prend le risque de reconduire l’austérité et de désarmer un gouvernement de gauche face aux attaques du capital.
À rebours d’un « réalisme budgétaire » soucieux de rassurer les marchés financiers et le capital, il défend un « réalisme de rupture » : préparer les moyens économiques et politiques de l’affrontement avec l’Union européenne pour ouvrir la voie à une transformation sociale et écologique fidèle au projet de rupture portée par la gauche radicale et insoumise.
***
La possible victoire de LFI et de son candidat à l’élection présidentielle de l’an prochain ouvre (enfin !) la possibilité d’un débat stratégique en « grandeur réelle » dans la gauche radicale française. Au sein de cet espace politique et intellectuel, les contributions de Cédric Durand (CD), que ce soit sur le capital fictif, l’Union européenne, ou, plus récemment, sur le « technoféodalisme » et la planification écologique, ont joué un rôle majeur et valu à leur auteur une place de premier plan au sein de l’économie hétérodoxe et dans l’élaboration programmatique au sein de la principale force de la gauche radicale, LFI.
Dans l’article publié le 17 août dernier en ligne dans Contretemps sous le titre alléchant de « Comment mener une politique écosocialiste en régime capitaliste ? », CD joue « cartes sur table ». Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le véritable objet de ce texte n’est pas tant de penser une telle politique « en régime capitaliste » mais quelque chose de bien plus situé et politiquement saillant, à savoir la ligne qu’un éventuel gouvernement LFI devrait suivre pour affronter les réactions que la mise en œuvre de…
Auteur: camille varso
