Lille (correspondance), reportage
C’est un secret de Polichinelle. Le quartier populaire de Lille-Sud et la ville voisine de Faches-Thumesnil sont touchés par une importante pollution au plomb. Celle-ci est due — au moins en partie — à l’usine de batteries Exide Technologies. Présente depuis la fin du XIXe siècle à Lille-Sud, elle tourne aujourd’hui au ralenti. Las, l’absence de données publiques — la dernière étude date d’il y a une décennie mais n’a pas été publiée — empêche de saisir avec précision l’ampleur des dégâts.
Les élus écologistes du groupe d’opposition municipale Lille Verte et un collectif d’habitants de Lille-Sud et Faches-Thumesnil (Après 59), inquiets, ont décidé d’en avoir le cœur net. Une enquête participative a été lancée il y a trois ans et menée sur une centaine de parcelles, publiques et privées, dans le quartier, en collaboration avec Alexander Van Geen, un chercheur étasunien de l’université Columbia.
Les résultats sont inquiétants : si les lieux publics présentent des taux bas, de nombreuses parcelles privées sont contaminées. « Concernant ces parcelles, sur 74 échantillons, 30 ont une plombémie supérieure au seuil d’alerte du Haut Conseil de la santé publique [300 microgrammes par mètre carré (µg/m²) de terre] », indique la synthèse des résultats. Laquelle évoque également treize parcelles comprenant une plombémie supérieure à 1 000 µg/m². Le score maximal grimpe même jusqu’à… 5 000 µg/m².
« On avait besoin de transparence »
« On avait besoin de transparence. Le fait d’utiliser cette méthode prouve qu’il y a un problème », relève Julie Nicolas, membre du groupe d’opposition municipale Lille Verte.
Ces résultats renvoient au sinistre souvenir de Metaleurop, situé à 25 kilomètres de Lille. La teneur en plomb y reste élevée malgré la fermeture du site il y a deux décennies. « Les résultats trouvés…
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Auteur: Mehdi Laïdouni

