En Italie, le rôle du président est nettement moins central qu’en France. Mais il devient essentiel au moment de la désignation du premier ministre, spécialement quand les législatives n’ont pas donné lieu à une majorité nette. La France est dans ce cas aujourd’hui ; et bien qu’une telle idée semble fort éloignée des prérogatives d’un président jupitérien, Emmanuel Macron pourrait peut-être s’inspirer du modèle transalpin…
La situation de blocage politique qu’a connue la France à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024 puis de la censure du gouvernement Barnier amène à s’interroger sur les limites d’un système qui a du mal à gérer le caractère non bipolaire de l’actuel Parlement. La logique d’une élection présidentielle qui entraînait ensuite soit une majorité à l’Assemblée acquise au président élu, soit le rejet de celui-ci au travers de l’élection d’une majorité contraire, a été mise à mal par l’élection de juillet dernier. Et il faut composer, ne serait-ce que temporairement, avec le multipartisme avant de pouvoir organiser de nouvelles élections. Il peut être dès lors judicieux de se tourner vers d’autres démocraties parlementaires pour comprendre les mécanismes qui permettent la mise en place de coalitions dans des circonstances comparables. Le cas italien peut offrir un exemple particulièrement intéressant dans ce cadre.
Quelles sont les prérogatives du président en Italie ?
En Italie, le président de la République est élu tous les sept ans, une durée qui rappelle la situation française avant la réforme constitutionnelle de 2000. Le président est élu au suffrage universel indirect (par le Parlement réuni en congrès), avec un calendrier qui ne colle pas à celui des législatives. Ici, nous avons donc un cas dans lequel il ne peut pas véritablement s’exercer d’effet d’entraînement direct entre l’élection du président…
Auteur: Jean-Pierre Darnis, Professeur des Universités, directeur du master en relations franco-italiennes, Université Côte d’Azur, Chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS, Paris), professeur et membre du CISS de l’université LUISS de Rome, Université Côte d’Azur

