En 2024, La Relève et La Peste alertait sur le fait que les Français sont particulièrement contaminés au cadmium par rapport à leurs voisins européens.
« Le cadmium se fixe dans le foie et est responsable de fractures osseuses et d’ostéoporose, d’altération des spermatozoïdes et donc d’infertilité, d’altération de l’ADN par stress oxydatif favorisant le développement de cellules cancéreuses, en particulier dans les poumons, les seins, la prostate, le pancréas, les reins », expliquait alors le cardiologue Pierre Souvet.
Un récent rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) confirme une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation, et recommande d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les engrais agricoles.
La proposition de loi de Benoît Biteau va en ce sens. Il propose d’autoriser seulement 20 mg de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique (P2O5) dans les engrais, au lieu des 90 mg actuellement autorisés en France. Au niveau européen, le seuil maximal est de 60, avec un objectif d’abaissement à 40 mg.
« C’est la préconisation de l’Anses depuis 2019, mais c’est aussi la trajectoire proposée dans le cadre de la consultation publique qui a eu lieu fin 2023 dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (AGEC) », précise-t-il à La Relève et La Peste.
Un calendrier réaliste
Dans le détail, le texte de Benoît Biteau prévoit d’abaisser la teneur en cadmium à 40 mg par kilogramme de P2O5 à compter du 1er janvier 2027 et à 20 mg à compter du 1er janvier 2030.
« C’est un calendrier tout à fait réaliste, qui dépendra toutefois de la volonté du gouvernement de publier le décret d’application de la loi », souligne le député, estimant que le principal défi est de parvenir à ce que le texte soit…
Auteur: Charlene Catalifaud

