La guerre laisse derrière elle une pollution potentiellement mortelle pour des générations
«Des explosions toutes les 20 minutes». Pendant l’incendie géant qui a ravagé la Gironde, une scène de guerre s’est ajoutée au chaos du feu. Dans la commune du Porge, particulièrement touchée par les flammes, les habitants ont entendu de grosses détonations dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet. Les pompiers ont d’abord estimé qu’il s’agissait d’explosions de bouteilles de gaz. Mais après un certain nombre de déflagrations, ils se sont rendu compte qu’il y avait quelque chose d’anormal : il s’agissait en fait d’obus, enterrés dans un champ à quelques mètres des maisons, qui explosaient à cause de la chaleur du sol.
Il s’agit d’un dépôt de munitions allemandes de la Seconde Guerre mondiale enfoui dans le sol, à proximité de lotissements construits par la suite. Une explosion a perforé un mur en béton bordant une maison. Un autre habitant a découvert, en retournant dans son domicile, un morceau d’obus qui avait traversé une fenêtre et était posé sur le sol à l’intérieur. Il s’étonne : «La maison a survécu aux flammes, mais elle a été transpercée par un obus». Un autre riverain explique avoir entendu des explosions sur une autre parcelle. Les habitants du Porge vivaient, sans le savoir, cernés d’armes de guerre. Ceux qui sont restés pendant l’incendie pour protéger leurs maisons auraient pu être tués non pas par les flammes mais par ces obus.
Le maire lui-même tombe des nues, il n’avait pas connaissance d’obus enterrés dans le sol de sa commune. Les démineurs dépêchés sur place en ont pourtant exhumé 75, et devront revenir une fois la terre refroidie. Sans cet incendie, des familles auraient continué à résider à proximité d’explosifs sans le savoir, risquant des accidents. Sans compter la pollution invisible et durable que peuvent représenter…
Auteur: B

