Une rentrée sans toit : comment la crise du logement étudiant fragilise l’entrée dans l’âge adulte


L’ESSENTIEL

  • La recherche d’un logement étudiant est un parcours du combattant.

  • Cette instabilité résidentielle a des répercussions bien au-delà de la rentrée universitaire sur les conditions d’études et de vie des jeunes.

  • Une recherche, menée en France et en Irlande, interroge les risques d’une citoyenneté différée.


À chaque rentrée universitaire, les mêmes scènes. Les files d’attente s’allongent devant les Crous, toutes les chambres universitaires ont été allouées, et les studios se visitent par grappes de candidats. La France compte aujourd’hui une chambre du Crous pour dix-sept étudiants, contre une pour quatorze en 2000, et l’offre publique ne couvre que 7 % des besoins selon le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse et le Conseil national de l’habitat.

De l’autre côté de la mer Celtique, l’Irlande fait pire encore. Fin 2025, il manquait près de 39 000 lits étudiants dans les quatre principales villes universitaires du pays. À Cork (dans le sud-ouest de l’Ilande, ndlr), où je mène une partie de mes recherches doctorales, la presse rapporte le cas d’un étudiant contraint à trois heures de trajet quotidien depuis Limerick (centre-ouest de l’Irlande, ndlr), faute de chambre abordable.

Le débat public raisonne en stocks et en flux. On y discute du nombre de places à construire et du niveau des loyers, et ces discussions enferment le problème dans l’horizon court de l’année universitaire, celui des affectations à boucler avant les premiers cours.

La sociologie des parcours de vie oblige à poser une question d’une autre portée temporelle, que ma thèse instruit en comparant la France et l’Irlande. Quelles sont les répercussions de cette instabilité résidentielle, éprouvée au seuil de la vie adulte, sur la suite d’une existence ?

Je fais l’hypothèse que le logement commande les autres étapes du passage à l’âge adulte, et que sa privation enclenche des…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Guillaume Negri, Doctorant en sociologie, spécialisé en migrations et en jeunesse, Université Rennes 2