Le 17 avril dernier, une fusillade liée au narcotrafic a eu lieu en plein après-midi dans un fast-food très fréquenté du quartier Villejean-Kennedy, à Rennes. Des individus ont été ciblés dans un lieu où viennent manger les jeunes et moins jeunes du quartier, ainsi que les étudiants du campus de l’Université Rennes 2.
Les images qui ont été saisies depuis les fenêtres des immeubles alentours, sont terribles. Elles rappellent d’autres événements similaires qui ont eu lieu dans la ville – réputée paisible – ces dernières années. Il y a un peu plus d’un an, une course poursuite et des échanges de tirs s’étaient enchaînés pendant plus d’une heure dans les immeubles d’un square du quartier du Blosne (du côté sud de la ville), sans que la police puisse intervenir face aux armes lourdes des protagonistes.
Dans des quartiers paupérisés et stigmatisés, l’économie de la drogue remplit souvent le gouffre ouvert par les inégalités sociales.
Ces fusillades sont l’expression radicale d’un narcotrafic qui, à Rennes comme dans de nombreuses villes, prend des formes et dimensions nouvelles. Plus amples, plus violentes, indifférentes aux effets collatéraux de tels affrontements dans l’espace public. Ce phénomène n’est pas spécifique à une ville ou à certains quartiers : c’est un phénomène global auquel sont confrontés les pouvoirs publics bien entendu, mais aussi et surtout les habitants des quartiers populaires.
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L’emprise du trafic est multiforme. Elle ne se manifeste pas toujours par ces affrontements violents qui font la Une des JT. Dans des quartiers paupérisés et stigmatisés, l’économie de la drogue remplit…
Auteur: Ulysse Rabaté

