Une semaine de bonté

Après avoir publié, en 2016, La Femme 100 têtes (1929), puis, trois ans plus tard, Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel (sorti originellement en 1930), les éditions Prairial nous offre, avec Une semaine de bonté ou Les sept éléments capitaux (1934), le troisième et dernier « roman-collage » réalisé par Max Ernst (1891-1976). Artiste allemand issu du mouvement dadaïste à Cologne, Ernst est, dans l’entre-deux-guerres en France, où il a rejoint le groupe surréaliste. Ces trois ouvrages inventent pratiquement un genre basé sur le détournement du roman feuilleton.

La plupart des images de ces trois livres sont tirées de revues de vulgarisation scientifique, de magazines, de gravures de Gustave Doré, d’encyclopédies et, surtout, de romans populaires de la fin du dix-neuvième siècle. Ainsi, Une semaine de bonté, reprend nombre d’illustrations de trois romans à « quatre sous » des années 1880 : Les Damnées de Paris de Jules Mary, le « roi des feuilletonistes », Martyre ! d’Adolphe d’Ennery et les Mémoires de Monsieur Claude, Chef de la police de sûreté sous le Second Empire, attribuées à Théodore Labourieu et qui paraissent en dix volumes entre 1881 et 1885. Mais ces images sont réagencées, complétées et « corrigées » par l’ajout d’éléments étrangers (ailes, têtes d’animaux, photographies de femmes atteintes de crise à l’hôpital de la Salpêtrière, etc.), la substitution de décors, la collusion de réalités distinctes. Ernst prolonge de la sorte la pratique du collage qu’il avait mise en œuvre alors qu’il participait à Dada au tournant des années 1920, mais en prenant soin cette fois de gommer les « coutures » des images assemblées pour mieux les fondre dans un travail narratif. Ces trois ouvrages se calquent ainsi sur la logique du roman feuilleton : crimes, passions, figures romanesques, suspense, récit à rebondissement. Cependant, loin de suivre…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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