Le Gatsby est un sandwich emblématique de la ville du Cap : on coupe un pain en deux et on le fourre d’une variété d’ingrédients, laissant souvent des miettes éparses lorsqu’on le mange.
Dans notre étude « From Gatsby to crumbs, material and immaterial responses to infrastructural precarity », nous explorons les effets du délestage, c’est-à-dire des pénuries d’électricité programmées et prolongées qui se produisent régulièrement en Afrique du Sud.
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Nous constatons que ces pénuries, qui ont un impact différent sur la dynamique de la solidarité civique selon les classes sociales et les races, privent uniformément les citoyens de toute participation politique et de tout engagement gouvernemental, ce qui évoque une société réduite à l’état de miettes « à la Gatsby ».
« Racisme énergétique »
L’histoire de l’Afrique du Sud est étroitement liée aux questions énergétiques. Avant la fin de l’apartheid en 1994, selon diverses sources, entre un tiers et la moitié de la population avait accès à l’électricité. Alors que la majorité des Blancs y avaient accès, seule une petite partie des ménages noirs et métis en bénéficiaient, ce qui a conduit à la montée de ce que l’on a appelé le racisme énergétique.
Le programme de reconstruction et de développement (RDP) du gouvernement post-apartheid lancé en 1994 s’est attaché à corriger les déséquilibres sociaux créés par l’ancien régime pour la majorité de la population sud-africaine. Le RDP visait à augmenter le nombre de connexions électriques domestiques, se fixant l’objectif d’atteindre au moins 95 % avant 2022.
Cependant, la mauvaise gestion, la corruption et la mauvaise planification ont abouti à une crise pour Eskom, le producteur public d’électricité. Pour éviter que le…
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Auteur: Franco Bonomi Bezzo, Dr., Ined (Institut national d’études démographiques)

