Une société en psychose : Le nouveau psychocapitalisme

En médecine, la psychose s’explique comme un excès de dopamine, un esprit surexcité par ses propres signaux. Mais si le même déséquilibre s’appliquait à la culture ? Nous vivons dans une société saturée de dopamine.

La société comme structure psychotique

Le « normal » n’est peut-être que celui qui partage la psychose du plus grand nombre. Si l’individu psychotique croit que le monde lui parle directement, notre époque semble marquée par le même mécanisme, mais à l’échelle collective. Jacques-Alain Miller parle de la psychose ordinaire, cette psychose devenue banale. Autrefois, la psychose représentait une rupture exceptionnelle dans le rapport du sujet à la réalité. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où tout parle, tout le temps : écrans, publicités, notifications, voix, algorithmes. Chaque message exige une réponse, chaque image appelle une réaction. Le monde extérieur est devenu un cri continu pour capter notre attention.

Cette surcommunication ne produit pas plus de sens, mais moins. Quand tout doit signifier quelque chose, le sens lui-même perd son poids. Comme Narcisse, nous voyons notre reflet partout ; comme Écho, nous ne répondons que par répétition, un dialogue sans distance et sans silence. Le langage n’est plus un médium pour comprendre, mais un écho de lui-même, un miroir où l’homme cherche désespérément un éclat de réel. Dans cette cacophonie de signes et de stimuli, le symbolique perd sa force d’organisation. L’homme reste seul face à son reflet, privé d’un langage capable de le porter.

Ainsi, la société commence à ressembler à la structure psychotique. Elle manque d’une référence commune, mais surproduit du sens pour combler le vide. Le conspirationnisme, le narcissisme, les algorithmes autoréférentiels et l’économie dopaminique des réseaux sociaux convergent vers la même tentative : reconstruire un ordre perdu. Là où le psychotique entendait…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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