Une villa sur les rives du Tigre : Agatha Christie en Irak

La maison où vécut Agatha Christie à Bagdad est dans un piètre état. Iraq Projects/X

La maison où la grande romancière britannique a vécu à Bagdad risque de s’effondrer. L’occasion de revenir sur une période où, aux côtés de son époux archéologue, l’écrivaine la plus lue au monde parcourait l’Irak et d’autres pays du Moyen-Orient.


« Combien j’ai aimé cette partie du monde », avait confié Agatha Christie de son vivant, dans une remémoration émue au Moyen-Orient. Née en 1890 au Royaume-Uni d’un père américain et d’une mère anglaise, c’est en 1928 que la célèbre écrivaine avait pleinement fait son entrée dans la région, au lendemain d’un divorce douloureux d’avec son premier mari, Archibald Christie, homme d’affaires et colonel dans l’armée britannique, et peu de temps après le décès de sa mère Clarissa. À bord du légendaire Orient Express, qui connectait Paris à Istanbul et lui inspirera le fameux Crime de l’Orient-Express (1934), elle voyage la même année avec pour destination finale l’Irak, alors jeune État en cours d’édification. Avant ce périple, elle avait découvert l’Égypte dès 1907.

C’est dans un Moyen-Orient profondément bouleversé que le nom de la romancière a ressurgi au cœur de l’été 2025 : son ancienne demeure à Bagdad, où elle vécut treize ans entre les décennies 1930 et 1950, serait sur le point de s’effondrer. Plusieurs sources rapportent en effet que l’édifice, situé sur les rives du Tigre dans le vibrant quartier de Karadat Maryam, a cruellement besoin d’être rénové. Une situation d’autant plus critique, à en croire les passants, qu’un panneau d’avertissement « Attention ! Risque d’effondrement ! » aurait été placé sur son enceinte pour éviter que les plus curieux n’y pénètrent, et que des graffitis auraient été taggués sur ses murs extérieurs.

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Auteur: Myriam Benraad, Chercheure spécialiste de l’Irak, professeure en relations internationales, enseignante sur le Moyen-Orient, Institut catholique de Paris (ICP)