L’État a tranché : des pylônes traverseront les espaces sensibles de la Camargue et de la Crau. En dépit d’autres scénarios moins délétères pour la biodiversité. Cette nouvelle ligne à très haute tension — 400 000 volts — de Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) doit alimenter les futurs besoins électriques de « décarbonation » et de réindustrialisation de la zone industrialo-portuaire.
Un enjeu de taille : les usines du golfe de Fos pèsent actuellement 25 % des émissions nationales de gaz à effet de serre d’origine industrielle.
Selon la volonté de l’État, inscrite dans un rapport paru le 18 décembre en conclusion du débat public, 65 kilomètres de ligne électrique seraient donc érigés à l’horizon 2030. Le tout à travers le parc naturel régional de Camargue, la réserve naturelle des Coussouls de Crau et quatre sites Natura 2000.
Dernière steppe sèche d’Europe occidentale, la plaine de Crau serait particulièrement touchée. Les habitats de plusieurs espèces, en particulier d’oiseaux, seraient menacés. Le ganga cata, un oiseau d’une trentaine de centimètres, risquerait l’extinction en France, a même prévenu une note des services de l’État.
Sous la mer ou enterrées, d’autres solutions avaient pourtant été portées au débat, notamment pendant la concertation publique qui a eu lieu d’avril à juillet 2025. Le collectif d’une trentaine d’associations THT 13/30 a ainsi proposé une infrastructure faite de deux lignes : sous-marine à travers le golfe du Lion depuis l’Aude pour l’une et enterrée ou au fond du Rhône pour la seconde.
Le rapport de l’État considère cependant que « l’alternative proposée par le collectif THT 13/30 » présente un « niveau de complexité technique [qui] soulève un grand nombre d’inconnues ». Pour Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif 13/30, l’argument est…
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy

