Paris, reportage
Comment faire d’un mouvement citoyen une victoire électorale ? Voilà l’énigme que tente de résoudre la Primaire populaire à l’approche de l’élection présidentielle. Jeudi 18 novembre, les organisateurs de cette primaire, destinée à rassembler « humanistes et écolos » pour faire bloc contre le camp identitaire, tenaient leur premier grand rassemblement. Lors d’une convention au Ground Control, « lieu de vie culturel, indépendant et engagé » du 12ᵉ arrondissement de Paris, les organisateurs ont rassemblé citoyens, militants, acteurs du monde associatif, politiques, et intellectuels pour débattre autour d’un socle d’idées communes.
D’emblée, le ton est donné. « Si je suis là, c’est parce que je flippe », lance en préambule Mathilde Imer, porte-parole de la Primaire, et architecte de la Convention citoyenne sur le climat. « À chaque fois, j’ai la sensation de me prendre un mur. Le mur du politique qui ne fait pas ce qu’il faut pour protéger notre avenir. » Face à une diversion zemmourienne étouffant l’espace médiatique par les questions de sécurité et d’immigration, l’enjeu est de taille pour ces citoyens déçus et malmenés par le quinquennat d’Emmanuel Macron. L’activiste cite pêle-mêle la hausse des prix à la consommation, les injustices sociales, et l’échec de la COP26. Intitulé « Vivement un front populaire écologique », l’événement vise à montrer que les combats contre le racisme, la précarité et le réchauffement climatique s’entremêlent, et qu’un front commun est possible. Surtout, il fait un constat simple : sans rassemblement, la gauche n’a aucune chance pour 2022.
L’union électorale de la gauche autour d’un socle commun est la principale préoccupation de la Primaire populaire. © Mathieu Génon/Reporterre
Conscients des embûches qui les attendent, ces jeunes militants s’engagent dans une lutte à long terme pour obtenir l’union. Au-delà, c’est une transformation en profondeur d’une société toujours consumériste qui est attendue. Celle d’un monde où justice sociale et lutte contre le réchauffement climatique ne font qu’un. Cette prise de conscience plus globale semble en tout cas faire son chemin. Outre la « vague verte » qui a déferlé dans les grandes villes de France lors des élections municipales de 2020, cette année, la question de l’environnement s’est hissée à la seconde place des priorités de Français.
Prenant à bras-le-corps les questions du progrès, de l’Union…
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Auteur: Mathieu Génon Reporterre

