Université 3.0, « la franche, la libre »

En écho à un article publié l’année dernière dans lundimatin (Rennes 2, « la rouge, la juste » de Romain Huët, Alexandre Rouxel & Olivier Sarrouy), Sylvia Kratochvil tente d’enfoncer un coin au milieu d’un paradoxe : comment être fidèle au désir de recherche et d’étude lorsque l’institution qui le chapeaute est engagée dans une rationalité économique, sociale et bureaucratique qui ne cesse de la faire se décomposer sur elle-même ? Ou, pour le dire autrement, comment permettre des formes d’intellectualisme éthique dans lesquelles convergent pratique et savoir, don et communauté ?

L’article Rennes 2, « la rouge, la juste » (lundimatin #463), consacré au mouvement étudiant et à l’érosion du sens même de la vie universitaire, laisse affleurer, dans une de ses phrases, une curieuse expérience subjective de l’enseignant-chercheur : « Il est aujourd’hui devenu plus difficile de trouver sa place dans le champ universitaire lorsqu’on se sent sincèrement tenu à un problème que l’on veut penser, que lorsqu’on se contente de satisfaire aux exigences des tableaux Excel, des PowerPoint et des boucles auto-référentielles de l’hyper-spécialisation. » Cet aveu entre en résonance avec le thème d’une conférence tenue par Max Weber en 1917 sur la profession et la vocation de la science (Weber, La science, profession et vocation, Paris, Agone, 2005). La seule vocation valable, dans la science, est selon Weber celle qui met le chercheur tout entier au service d’une chose. La définition wébérienne de la vocation mélange en vérité deux registres : celui, académique, de la vocation et celui, théologique, de la dévotion. La communauté universitaire ressemble de ce fait à une forme d’Église sécularisée fondée sur le partage d’une participation sincère aux problèmes qui se posent. Néanmoins, son intellectualisme éthique exclut toute identité immédiate entre la connaissance et…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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