Lundi 2 mars 2026, à 4 h 10, des militants de Greenpeace ont bloqué le cargo Mikhail Dudin dans une écluse du port de Dunkerque afin d’empêcher le déchargement d’une cargaison soupçonnée de contenir de l’uranium en provenance de Russie et destiné au secteur nucléaire français. Le blocage a été levé vers 9 h 10. Douze militants ont été interpellés, dont quatre placés en garde à vue pour entrave à la liberté du travail et intrusion dans une zone non autorisée.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, l’ONG dénonce la poursuite des échanges entre l’industrie nucléaire française et la Russie, notamment via le groupe public russe Rosatom.
112 tonnes d’uranium importées de Russie
Selon des données de navigation consultées par l’AFP, le Mikhail Dudin a effectué plus de vingt allers-retours entre Dunkerque et les ports russes de Vistino, Oust-Louga et Saint-Pétersbourg depuis cette date. Un autre navire, le Baltiyskiy-202, aurait réalisé plus de quinze rotations similaires. « Ce commerce qui alimente indirectement la guerre de Poutine doit cesser », a martelé Pauline Boyer, chargée de campagne sur le nucléaire pour Greenpeace France.
En 2025, la France a importé au moins 112 tonnes d’uranium enrichi et composé depuis la Russie, soit environ un quart de ses achats en volume, un niveau stable par rapport à 2024, selon les données des douanes françaises analysées par l’AFP. Ces importations ont toutefois nettement diminué entre 2022 et 2024.
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