Uranium russe : l'Europe toujours aussi dépendante

L’Europe n’en finit plus de procrastiner sur l’uranium russe. Le 6 mai 2025, la Commission européenne présentait au Parlement européen la feuille de route « REPowerEU », visant à mettre fin aux importations d’énergie russe, y compris dans le nucléaire. Un an plus tard, des avancées ont été réalisées sur le pétrole (90 % des importations interdites) et le gaz (interdiction totale prévue d’ici 2027). Mais toujours rien sur les sanctions visant le nucléaire russe, alerte Greenpeace dans un communiqué publié mardi 6 mai 2026.

Initialement attendu début 2026, le projet de règlement européen sur ce sujet a été reporté à plusieurs reprises, sous l’effet de pressions politiques, notamment en France. La feuille de route prévoit pourtant la fin progressive des importations d’uranium enrichi et des combustibles destinés aux réacteurs de conception russe (VVER). En 2024, sept États membres dépendaient encore de services ou d’importations liés à l’uranium russe. Ils devaient soumettre avant fin 2025 des plans nationaux visant à s’émanciper de ce fournisseur.

Côté français, toujours rien

Du côté français, toujours rien. En janvier 2026, Greenpeace France sollicitait le gouvernement français pour obtenir ce plan, sans obtenir de réponse. L’ONG a donc saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour accéder à la feuille de route.

Et pour cause : la dépendance française au minerai russe reste très importante. Entre 2022 et septembre 2025, l’Hexagone a importé de l’uranium naturel principalement du Kazakhstan (entre 23 et 30 %) et de l’Ouzbékistan (entre 14 et 20 %), dont une partie transite via des réseaux logistiques liés à la Russie. Pour l’uranium enrichi, la part russe a chuté de 67 % en 2022 à 54 % en 2023 puis 24 % en 2024, mais une origine russe indirecte n’est pas à exclure, selon une enquête de l’ONG publiée en janvier 2026.

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