«Tout le pouvoir au peuple, aucun pouvoir aux flics !» À Philadelphie, grande métropole du Nord-Est des États-Unis, des militants Noirs équipés de fusils d’assaut sont dans la rue pour soutenir et protéger la manifestation dénonçant l’ICE, la police anti-immigration de Trump, devenue une véritable milice néofasciste. Leur présence est remarquée et fortement médiatisée de l’autre côté de l’Atlantique. Serait-ce le retour des Black Panthers ?
En 1966, Huey Percy Newton et plusieurs de ses camarades afro-descendant·es fondent le Black Panther Party for Self Defense, un mouvement noir pour l’autodéfense armée contre les crimes racistes et les violences policières. En janvier 1967 à Oakland est formé le premier bureau, qui entreprend des patrouilles afin de protéger la population noire des violences policières racistes.
Voir des personnes Noirs lourdement armées surveiller et suivre les opérations de police constitue alors un véritable renversement du rapport de force, d’une puissance symbolique et politique inédite. Mais le Parti n’en reste pas là : il élabore un programme en 10 points, il distribue des repas et organise différents programmes sociaux – nourriture, éducation, espaces festifs, sports… – diffuse un journal, riposte aux violences policières. Un exemple à suivre, encore aujourd’hui si l’on veut construire un mouvement révolutionnaire crédible : avec à la fois une solidité théorique, une force martiale et des actions d’entraide et de solidarité.
En pleine vague contestataire anti-guerre aux USA, le FBI et différentes officines de l’État vont tout faire pour détruire ce mouvement qui inquiète le gouvernement au plus haut point. De nombreux membres sont assassinés, diffamés ou mis en prison. Le leader Newton lui-même se fait tirer dessus par un agent, avant d’être poursuivi et emprisonné, accusé à son tour d’avoir tiré. Une grande campagne de solidarité…
Auteur: B

