Utiliser les objets connectés au réseau mobile pour optimiser le fret routier

En France, 90 % du transport interne des marchandises est effectué par la route et engendre plus de 9 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. Notre dépendance au secteur des transports routiers conditionne l’aménagement du territoire, les infrastructures, les réglementations, et l’action politique.

À cause de son impact climatique, ce secteur – et les services qu’il remplit – est appelé à se transformer. Pour cela, il faudrait comprendre finement les activités de transport routier de marchandises et leurs flux sur le territoire. Par exemple, les entrepôts et les zones logistiques sont-ils répartis et utilisés de manière optimale ? Quelles sont les priorités à établir pour réduire l’empreinte carbone de ces activités ? En optimisant et mutualisant les chargements, les parcours ? Comment favoriser les modes de transport moins polluants (train, fluvial, véhicules électriques) ? Quels effets attendre d’un changement de réglementation ? Comment dimensionner les infrastructures de demain ?

Carte des flux de camions générée grâce au suivi d’objets connectés

En suivant les objets connectés dans des poids lourds, on peut reconstruire le flux de camions correspondant à l’origine Bourgogne Franche-Comté, la destination Nouvelle-Aquitaine, et transitant par la région Auvergne-Rhône-Alpes : ici, la route la plus empruntée est la route centrale européenne atlantique, une des départementales les plus accidentogènes de France. Les autoroutes bien connues (passant par Clermont-Ferrand ou Lyon) sont utilisées aussi, mais c’est secondaire pour l’origine-destination considérée.
Équipe « Flux logistiques », Orange Innovation, Fourni par l’auteur

Pour répondre à toutes ces questions, il est utile de connaître, en temps réel, la répartition des véhicules de fret routier sur le territoire. Le problème, c’est qu’il existe peu de données concernant ce secteur, contrairement au fret aérien ou maritime : ces deux derniers sont moins morcelés, et pour des raisons de sécurité, les positions sont connues, ce que l’on peut visualiser notamment via les plates-formes Flightradar24 ou MarineTraffic.

Pour le fret routier en France, les rares études statistiques sont souvent annuelles et nationales (déclarations des transporteurs, collectées et mises en forme par l’Insee et DataLab). Elles représentent l’état du secteur mais ne donnent pas d’information du…

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Auteur: Rémy Scholler, Doctorant Data Science, Protection des Données Personnelles, Logistique & Étude de la mobilité, Orange

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