Plus de 40 °C enregistrés dimanche 11 août dans le sud-ouest de la France, puis jusqu’à 39 °C dans le nord du pays lundi selon Météo-France : la France métropolitaine vient de traverser une brève mais intense vague de chaleur, la deuxième de l’été 2024. L’évènement, pourtant, n’impressionne plus grand monde. C’est à peine si les médias en ont parlé et plus personne ne s’étonne d’être, année après année, accablé par un soleil caniculaire.
Cette manière de nous acclimater à une situation de plus en plus dégradée par le changement climatique illustre parfaitement ce que le psychologue étasunien Peter H. Kahn nomme « l’amnésie environnementale ». Notre référence glisse progressivement, de sorte que nous ne sommes guère choqués de voir le thermomètre grimper dans le rouge. Un Français vivant dans les années 1950, ou même dans les années 1990, serait, lui, abasourdi par ces enchaînements d’années à plus de 40 °C, température qu’il n’avait quasiment aucune chance de connaître en métropole à son époque.
« Cinq occurrences seulement ont été mesurées en 1951 et 1980 », indique Météo-France à partir des relevés des 120 stations météo de son réseau principal. Après quoi, les relevés à plus de 40 °C n’ont fait que s’accélérer : 27 dépassements entre 1981 et 2000, 205 dépassements entre 2001 et 2020 (dont 88 pendant la canicule de 2003) et 73 dépassements pour les seules années 2021 à 2023.
Cette augmentation des vagues de chaleur, en fréquence comme en intensité, est évidemment causée par le changement climatique. Le dernier jeu de données Drias 2020 (une évaluation scientifique des conditions climatiques de la France au XXIe siècle ayant mis à contribution les principaux laboratoires climatiques du pays) souligne également comment les choses risquent d’empirer avec l’aggravation du réchauffement global.
Dans sa version mise à jour, le rapport Drias…
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Auteur: Vincent Lucchese

