En janvier 2026, la présidente de l’université Paul-Valéry alertait Emmanuel Macron sur les suicides et les morts qui frappent son établissement, qu’elle imputait au manque de moyens. Cinq mois plus tard, un rapport de l’Inspection générale renvoyait la balle : l’université n’a jamais cherché à connaître les causes de ces drames, et les signalements de harcèlement s’y perdent dans un dispositif que les syndicats jugent opaque. Entre un ministère et une présidence qui se renvoient la responsabilité, les agents en souffrance, eux, attendent toujours des réponses
« Dans mon université, en 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. » La lettre ouverte d’Anne Fraïsse, présidente de l’université de Montpellier Paul-Valéry, publiée dans Le Mondeen janvier 2026, avait fait grand bruit. La présidente y établissait un lien direct entre ces drames, les conditions de travail dans son établissement et le sous-financement de l’enseignement supérieur par l’État. En effet, l’université Paul-Valéry est l’une des universités les moins bien financées de France, avec un déficit structurel depuis plusieurs années, qui doit conduire à sa mise sous tutelle prochaine du rectorat pour un «contrat de retour à l’équilibre » (Comprendre : un nouveau plan de rigueur budgétaire).
Un exercice auquel la présidente ne croit pas une seconde : « Il n’y a plus rien à gratter, on est déjà à 8 millions d’euros de déficit par an, on n’a aucun fonds de roulement, on ne peut pas faire plus d’économies. On ne peut pas rogner sur la masse salariale, on est déjà en sous-encadrement », nous répond-elle. Conséquence directe de ces politiques d’austérité mises en place par les gouvernements successifs : à quelques jours de la rentrée universitaire 2026, 77…
Auteur: Elian Barascud
