Pierre-Maël Deffontaines est consultant en enjeux maritimes et littoraux, et passionné de surf — il le pratique en Bretagne et en Normandie. Par le passé, il a travaillé pour une entreprise développant des vagues artificielles de surf.
Vent, houle, vagues, courants… Le surf est une rencontre avec les éléments naturels. Rien de tel que cette immersion physique dans l’immensité de l’élément marin, l’indescriptible sensation de liberté qui en découle et cet emballement collectif quasi mystique qui parcourt les surfeurs lorsqu’une série de vagues prometteuse s’annonce au loin.
Surfer, c’est vivre un condensé d’expériences sensibles, émotionnelles, sociales et spirituelles en lien avec la nature. Mais que reste-t-il de tout cela lorsque ce sport est pratiqué en milieu artificiel, dans des « piscines à vagues » très coûteuses en eau et en énergie ?
Le surf, une quête éperdue de liberté
Si l’on a pour seule connaissance du surf quelques images glanées sur des plages ou sur internet, on peut s’imaginer que c’est un sport tout de maîtrise, fondé sur la capacité à « dompter » les vagues.
En réalité, le surf est plutôt une question de compréhension des éléments naturels et la recherche d’un juste accord entre eux et soi. Impossible de s’y adonner sans consulter les prévisions météo pour juger des conditions : force et direction du vent, moment de marée ou encore dynamiques de courant. Pour que ces conditions soient optimales, on recherchera par exemple un vent orienté de la terre vers la mer (vent « offshore ») : les vagues offriront alors une face plus lisse, permettant de les surfer plus longtemps. De même, certains spots ne produiront des vagues « surfables » qu’à un moment spécifique de la marée, uniquement lorsqu’elle est haute, par exemple. Bien sûr, il faut aussi savoir identifier les courants marins pour éviter d’être tiré vers le large ou décalé…
Auteur: Pierre-Maël Deffontaines

