Vagues de chaleur à l’école : pourquoi rénover les murs ne suffira pas


L’ESSENTIEL

  • Fin mai 2026, le ministère de l’éducation nationale publiait son premier plan « vagues de chaleur » pour les écoles, qui charge les collectivités de repérer les bâtiments les plus exposés et de lancer les chantiers prioritaires.

  • Mais la fraîcheur d’une classe ne dépend pas seulement de la rénovation thermique des bâtiments : elle dépend aussi de la matière dont ils sont faits et de la façon dont on les habite.

  • Ces deux points constituent les angles morts du plan de l’éducation nationale. Leur prise en compte conditionne pourtant l’efficacité des vastes budgets annoncés, tant en matière de rénovation que de climatisation.


Lors de la canicule de juin 2026, de nombreux élèves ont passé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans des salles de classe où les températures relevées franchissaient les seuils au-delà desquels l’attention et les fonctions cognitives déclinent. Quelques jours plus tôt, l’éducation nationale avait publié son premier plan de gestion des vagues de chaleur.

La circulaire du 27 mai 2026 demande ainsi aux communes de cartographier la vulnérabilité thermique du bâti scolaire, étape préalable aux travaux de rénovation, soutenus par ÉduRénov et le Fonds vert. La facture s’annonce lourde. Un rapport remis au gouvernement en 2020, repris par le Sénat, chiffre à environ 40 milliards d’euros sur dix ans la rénovation énergétique du parc scolaire, très au-delà des financements engagés.

Mais un diagnostic conduit bâtiment par bâtiment présente des limites. En effet, au sein d’une même école et d’un même bâtiment, deux classes peuvent connaître des températures très différentes selon leur étage et l’orientation de leurs fenêtres. Une salle sous les toits restera plus chaude qu’une salle de plain-pied, que le bâtiment soit neuf, rénové ou ancien.

La position de la classe dans l’édifice pèse ainsi autant que sa construction, ce…

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Auteur: Sonia Vermeulen Steyaert, Senior researcher, Université de Lausanne; Université Libre de Bruxelles (ULB)