Valérie Masson-Delmotte est paléoclimatologue, membre du Haut Conseil pour le climat et responsable du centre climat-société à l’Institut Pierre-Simon-Laplace du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). De 2015 à 2023, elle a été coprésidente du groupe 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), chargé d’établir les faits scientifiques sur les causes et les évolutions du changement climatique. Elle est entrée à l’Académie des sciences en juin 2025
En 2015, vous étiez coprésidente du groupe 1 du Giec. Que représentait la COP 21 pour la communauté des scientifiques du climat ?
Le multilatéralisme était très vivant sur les enjeux environnementaux. La même année, il y avait eu le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, les Objectifs de développement durable (ODD) et l’accord de Paris. Le rapport du Giec (2013-2014) avait permis de faire entrer les arguments factuels dans le champ des négociateurs climat. On montrait que dans un monde plus chaud de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, il y aurait des risques de pertes irréversibles d’écosystèmes (coraux, glace de mer en Arctique…), des conséquences graves pour les populations vivant dans des contextes vulnérables et des enjeux d’habitabilité notamment pour les petites îles.
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L’objectif de contenir le réchauffement climatique largement sous les 2 °C était au cœur de la construction de l’accord de Paris. La COP 21 a changé les interactions entre le Giec et les négociations climat. Les pays n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur l’objectif de long terme. Beaucoup de…
Auteur: Vanina Delmas

