En France, les biodéchets représentent à l’heure actuelle près de 26 % de la poubelle des ménages, soit près de 18 millions de tonnes par an, et leur potentiel de valorisation est encore trop peu exploité. De nos jours, de nouvelles voies sont développées pour valoriser au mieux ces déchets et notamment par des procédés de fermentation dite « environnementale ».
Les biodéchets comprennent les déchets alimentaires, les déchets verts issus des jardins, et d’autres matières organiques biodégradables provenant des ménages, de la restauration et des industries agroalimentaires. Parmi les voies de valorisation, le compostage et la méthanisation (dégradation biologique en absence d’oxygène de la matière organique en méthane) sont des procédés connus du plus grand nombre.
La fermentation environnementale est un type de biotechnologie qui propose d’utiliser un ensemble de microorganismes pour réaliser un processus fermentaire naturel dans un environnement contrôlé pour convertir les déchets complexes en produits utiles (bioénergies, molécules biosourcées d’intérêts pour utilisation en chimie verte, etc.).
Une très grande diversité microbienne
Alors que les processus microbiens sont identiques à ceux des fermentations alimentaires qui produisent yaourt, vin, bière, etc., la particularité des fermentations environnementales est de devoir faire face à une multitude de déchets différents qui varient en composition et dans le temps. La conversion de cette grande variété de déchets nécessite l’implication d’un grand nombre de bactéries fermentaires qui cohabitent de manière naturelle pour dégrader les déchets organiques. Ces cultures bactériennes, dites cultures mixtes, sont présentes au sein même des déchets ou peuvent être ajoutées ; leur diversité permet de s’adapter aux différents déchets à traiter.
Les fermentations environnementales constituent donc une solution de traitement…
Auteur: Claire Dumas, Chercheur en génie des bioprocédés, Inrae

