Rennes (Ille-et-Vilaine), reportage
La situation a peut-être échappé aux visiteurs de passage, mais les habitués l’ont bien remarqué. Plus de la moitié des animaux attendus manquent à l’appel du salon international de l’élevage de Rennes — le Space —, en raison des multiples épizooties qui touchent les troupeaux français : fièvre catarrhale ovine (FCO), dermatose nodulaire, maladie hémorragique épizootique (MHE)…
Les visiteurs, qui ont afflué massivement depuis le 16 septembre, passent à côté de rangées entières de stabulations vides, dissimulées derrière du matériel agricole. L’événement attire chaque année plus de 100 000 personnes, ce qui en fait l’un des plus importants d’Europe dans ce domaine.
Sur les 560 vaches, taureaux et veaux prévus, seulement 200 sont finalement présents. On compte environ 100 ovins sur les 150 prévus. La tente des caprins, elle, est vide : toutes les chèvres ont été testées positives à la fièvre catarrhale ovine.
Plus de 7 400 foyers de cette maladie — qui, contrairement à ce que son nom laisse penser, touche tous les ruminants — ont été recensés en France depuis le 1er juin. Elle ne nécessite pas l’abattage des animaux, contrairement à la dermatose, mais peut causer leur stérilité, contraindre à des avortements et générer un affaiblissement qui affecte la quantité de lait produite.
« Nous n’imaginions pas un Space sans animaux, c’est une vitrine génétique à l’international », argumente Jean-Yves Rissel, le responsable des présentations agricoles, au beau milieu du concours des Salers. « Mais pour maintenir une présence minimale, nous avons appliqué un protocole très strict : tous les animaux présents sont testés et négatifs. Nous avons réalisé entre 700 et 800 tests PCR ». Le planning des concours a été entièrement revu et certains ont été annulés.
« On estime que 80 % des troupeaux ont été touchés,…
Auteur: Anna Sardin

