Les espaces verts améliorent notre santé, physique comme mentale, et jouent un rôle clé dans l’adaptation aux changements climatiques. Pourtant, les villes peinent encore à proposer plus d’espaces naturels à leurs habitants. Quels seraient les bénéfices pour la santé de végétaliser une partie de la surface aujourd’hui réservée aux véhicules motorisés ?
Dans les villes denses, trouver de la place pour végétaliser l’espace urbain est une gageure, d’autant que la place des voitures y reste considérable. Chaussée, espaces de stationnements… en 2016, à Paris, la moitié de l’espace public leur était dévolu. Pourtant, on sait aujourd’hui que les enjeux sanitaires et environnementaux liés à l’espace routier sont plus importants qu’on ne le perçoit généralement.
De leur côté, les bénéfices potentiels pour la santé des projets de renaturation des villes sont encore trop peu évalués, alors même qu’ils pourraient favoriser des planifications urbaines favorables à la santé de leurs habitants.
Dans une étude récente, nous avons estimé les bénéfices en matière de réduction du risque de mortalité de divers projets d’aménagement d’espaces verts urbains qui se baseraient sur le remplacement d’une partie des zones aujourd’hui dédié aux voitures à Paris. Voici ce que ces travaux nous ont appris.
Espaces verts urbains, santé et climat
Le changement climatique affectera de plus en plus les villes et, avec près de 85 % de la population européenne habitant en zone urbaine d’ici 2050, il est urgent de renforcer la résilience de nos milieux de vie, notamment face à l’augmentation des risques d’inondations et d’îlots de chaleur urbains. Dans les villes européennes, les solutions fondées sur la nature permettent de réduire les émissions de carbone jusqu’à 25 % et d’abaisser la température moyenne locale de 1,3 °C en été.
Les espaces verts urbains, en plus de contribuer au…
Auteur: Léo Moutet, Doctorant en sécurité sanitaire, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

