Vendre « 60 Millions de consommateurs », c'est signer sa disparition

Un monumental gâchis. C’est ce qu’est en train d’accomplir le gouvernement qui veut céder le magazine 60 Millions de consommateurs à un acteur du privé. Plus qu’un journal, « 60 » — comme ses salariées le surnomment — est une véritable institution créée en 1970. Preuve de sa popularité, plus de 105 000 personnes ont signé la pétition contre sa privatisation. Les représentants du personnel ont prévu de remettre ces signatures le 11 mars à Véronique Louwagie, ministre chargée du Commerce.

Comme ces 100 000 personnes, je suis attachée à ce journal, d’autant que c’est avec lui que j’ai débuté mon métier de journaliste. Je suis restée plus de vingt ans dans cette rédaction, avant d’intégrer celle de Reporterre en 2022. Un cheminement professionnel somme toute assez cohérent. Des médias sans publicité, indépendants, au service du citoyen… « 60 » et Reporterre se ressemblent sur bien des points. Ils divergent en revanche dans leur mode de financement : quand Reporterre vit grâce à ses donateurs, « 60 » est financé par ses acheteurs en kiosque et ses abonnés.

En France, c’est le seul magazine grand public à appartenir à un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), l’Institut national de la consommation (INC). Ce dernier bénéficie de subventions de l’État au titre de ses missions de service public.

La bête noire des industriels

Et l’écologie dans tout ça ? Né en plein avènement de la consommation de masse, 50 Millions (devenu 60 Millions en 1995) est rapidement devenu la bête noire des industriels pointant les abus en tout genre, notamment ceux mettant la santé des consommateurs en danger.

En 1974, le magazine a par exemple publié une enquête sur les hormones et les antibiotiques injectés aux veaux, et appelé à l’interdiction de ces substances. En 1998, il a mené la première…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Fabienne Loiseau

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