Depuis les élections de 2024 au Venezuela, le gouvernement de Nicolás Maduro a intensifié son virage autoritaire déjà ancien. Plus de 2 000 personnes ont été arrêtées dans les jours qui ont suivi le scrutin, et la persécution ciblée s’est étendue aux journalistes, aux syndicalistes, aux universitaires et aux défenseurs et défenseuses des droits humains.
La militante des droits humains Marta Lía Grajales a disparu pendant deux jours après avoir dénoncé le passage à tabac brutal de mères qui réclamaient la libération de leurs enfants emprisonné·es. María Alejandra Díaz, avocate chaviste et ancienne membre de l’Assemblée constituante, a été radiée du barreau et harcelée après avoir appelé à la transparence dans le dépouillement des votes. Ces cas illustrent une stratégie plus large d’intimidation et de criminalisation.
La répression s’abat avant tout sur la gauche critique. Ces derniers mois, les médias officiels ont accusé Edgardo Lander, Emiliano Terán Mantovani, Alexandra Martínez, Francisco Javier Velasco et Santiago Arconada d’avoir formé un prétendu « réseau d’ingérence étrangère » déguisé en travail universitaire et environnemental. Des institutions telles que la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université centrale du Venezuela, le CENDES, l’Observatoire d’écologie politique et la Fondation Rosa Luxemburg ont également été diffamées dans le cadre de cette prétendue conspiration.
En effet, en contexte d’avancée impérialiste sur la Caraïbe, d’exécutions extrajudiciaires de vénézuéliens par les EEUU avec l’excuse de la lutte contre la drogue, la notion d’anti-impérialisme est instrumentalisée par le gouvernement Maduro pour taire la dissidence et réprimer la population. Dynamique qui doit aussi être mise en perspective avec l’octroi à Maria Corina Machado, figure de l’extrême droite vénézuélienne, du prix Nobel de la Paix….
Auteur: redaction

