Dans le cadre de l’avancée militaire des États-Unis dans la mer des Caraïbes, Gabriel Hetland propose ici de revenir sur la politique impérialiste des États-Unis vis-à-vis de la région en général, et du Venezuela en particulier. Sans faire de concessions quant au caractère autoritaire du gouvernement Maduro, Hetland montre que, derrière l’instrumentalisation de la lutte contre le « narco-terrorisme », on trouve bien la volonté de l’administration Trump d’imposer un changement de régime. À l’heure où ce dernier annonce d’éventuelles négociations avec le gouvernement vénézuélien, la menace militaire reste bien réelle.
À ce jour, le plus grand navire de guerre du monde, le porte-avion USS Gerald Ford, est déployé dans la mer des Caraïbes ainsi que quatorze autres navires de guerre, un sous-marin à propulsion nucléaire, l’USS Newport et autour de 14 000 soldats, faisant de cette démonstration de force la plus massive dans la région depuis leur intervention à Haïti en 1994. En outre, des manœuvres militaires étatsuniennes ont lieu du 16 au 21 novembre à Trinité-et-Tobago, à une quinzaine de kilomètres des côtes vénézuéliennes. Les intérêts des néo-conservateurs restent au cœur de ce processus, représentés par Marco Rubio qui est à la tête du secrétariat d’État.
Le décompte est d’ores et déjà macabre : 83 exécutions extra-judiciaires dont la plupart de victimes sont des Vénézuéliens victimes de cette réorientation de la politique étrangère états-unienne qui cherche à récupérer sa capacité d’influence sur sa « zone d’influence naturelle ». Si le déploiement de troupes n’est pas, pour l’heure, d’une ampleur suffisante pour une intervention terrestre, Donald Trump n’a pas exclu l’envoi de troupes au sol et a déjà clarifié, conformément à son mépris habituel pour le droit international et l’État de droit, qu’il ne demanderait pas…
Auteur: redaction

