« Un mal pour un bien. » C’est l’argument martelé par des atlantistes chevronnés mais aussi des personnes qui suivent d’un peu plus loin l’affaire et sont touchés par les images de foules d’exilés vénézuéliens joyeux diffusés sur nos chaînes depuis samedi. Cet argument vient justifier une intervention militaire au Venezuela, le bombardement de Caracas et l’enlèvement du président Nicolás Maduro par l’armée américaine. Au nom de quoi ? D’un prétendu pas vers la démocratie et la fin de l’autoritarisme. Alors même que Trump n’a jamais mentionné cet objectif “démocratique”, c’est celui-ci qu’a mis en avant Macron en soutenant à 100% l’intervention américaine. Alors, qu’en est-il vraiment et que nous dit l’Histoire ? Une intervention étrangère peut-elle amener la démocratie ? Si l’on regarde honnêtement en arrière, on constate que ce type de violence arbitraire et illégitime constitue une blessure profonde et traumatique pour un peuple : elle radicalise les doctrines politiques et prépare le terrain à des régimes futurs plus violents et plus liberticides encore.
Double standard et précédents historiques
Le 2 janvier, le président des États-Unis, Donald Trump, a décidé de bombarder le Venezuela et de kidnapper son président, Nicolas Maduro. L’objectif affiché de Trump est la lutte contre le narcotrafic mais aussi le pillage des ressources pétrolières du Venezuela. En Europe et en France, les dirigeants refusent de « pleurer Maduro » au nom de la démocratie et de la lutte contre l’autoritarisme. C’est tout l’inverse d’une démocratisation à laquelle nous assistons.
La souveraineté n’est pas une récompense morale. Elle n’est pas accordée aux États jugés vertueux et retirée aux autres. Relativiser le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au nom de l’autoritarisme, c’est ouvrir la porte à une hiérarchie coloniale des nations dont nous avons…
Auteur: Amine Snoussi

