Au dernier trimestre, le chômage a augmenté de 3,9 % (soit 117 000 demandeurs d’emplois supplémentaires), comme aux pires moments de la crise de 2008. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) prévoit cette année 143 000 suppressions d’emplois et une remontée du taux de chômage à 8 %. Les fermetures de sites et les plans de licenciements se multiplient. Le nombre de défaillances d’entreprise (62 000) est en hausse de 18,1 % en un an, tandis que le nombre de plans sociaux a crû de 27 % (200 PSE en cours).
Dans le tertiaire, Casino, Pimkie, Auchan et Gifi sont concernés. Dans l’industrie, 21 000 emplois sont menacés. Des entreprises emblématiques de l’automobile, de l’industrie pharmaceutique et de la chimie sont touchées : Michelin, Sanofi, SG, General Electric, Arcelor Mittal, Bosch, Nexity, Vencorex, Solvay, Boiron, Valeo, etc.
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Les causes des restructurations et des fermetures d’unités de production sont d’une part liées à la stratégie financière des entreprises, d’autre part à la conjoncture morose les poussant à réviser leurs anticipations à la baisse. Dans le premier cas, nous sommes en présence de licenciements boursiers, devenus classiques dans les grands groupes dont la financiarisation impose aux dirigeants de délocaliser les segments de production les moins profitables pour maximiser le taux de marge et créer de la valeur pour l’actionnaire.
Sanofi et Michelin, en partie détenus par de grandes familles du capitalisme français, pourtant réputées pour leur paternalisme social, cèdent désormais aux mêmes sirènes qui guident les investisseurs institutionnels anglo-saxons dans leur navigation boursière. Dans le second cas, c’est…
Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

