A l’approche du 10 septembre, entre enthousiasme ici, scepticisme là, et trouille croissante en face, la conscience d’une confrontation à venir ne cesse de croître. Quelle forme prendra-t-elle ? Pour en avoir une idée, dressons l’inventaire des armes dont vont disposer les deux camps appelés à se former et s’affronter.
D’un côté, il y a, il y aura l’impressionnant arsenal trop bien connu, des flashballs (24 yeux crevés lors du moment Gilets jaunes) aux véhicules blindés de la gendarmerie en passant par ces grenades spécialement conçues pour plonger un mouvement social et ses partisans dans le coma ; il y a, il y aura l’appareil de propagande des gouvernants de la presse oligarchique, et tout un personnel politique disposé à faire du Bardella pour lui faire barrage, et Bardella lui-même, qui crieront et crient déjà halte à la bordellisation (ce à quoi se résume la totalité de leur programme), il y a et il y aura aussi les techniques d’ingénierie sociale et les dispositifs d’acceptabilité, du tri sélectif entre bonnes et mauvaises pratiques, que mettront en œuvre les partisans de la domination molle dont le Monde est et restera l’organe central et les socialistes et assimilés, les exécutants, au dialogue : car ce qui nous menace autant que les armes soi-disant non létales, c’est cet esprit citoyenniste qui nous resservirait, sous une forme ou sous une autre, l’éteignoir d’un « grand débat national ». Cela devrait s’avérer difficile parce qu’on n’a pas oublié qu’outre les yeux crevés, ce qui a achevé de liquider les Gilets, ce sont ces groupes de paroles pilotés par un président-DRH en bras de chemise aboutissant à ces « cahiers citoyens » dont la pudeur nous interdit de dire ce qu’en firent les dirigeants (avant que des sociologues aillent les ramasser pour en faire un livre et une ligne de C.V.). S’il y a bien une leçon à retenir du plus grand mouvement social que la…
Auteur: dev

