Et pourtant, malgré les risques incroyables qu’ils ont pris, les Etats Unis et leurs alliés occidentaux continuent de minimiser l’existence de ces risques, voire à les nier, auprès de leur opinion publique. Une question s’impose alors : pourquoi le font-ils ?
Leurs arguments sont connus, répétés à satiété, depuis le début de la guerre en Ukraine :
« Toutes les mises en garde de la Russie ne sont que du « bluff ».
« Preuve en est, toutes les lignes rouges fixées par la Russie, concernant l’intervention occidentale en Ukraine, ont été franchies, l’une après l’autre, sans encombre par les Etats Unis et ses alliés occidentaux et sans la réaction promise par la Russie ».
Le maitre mot de cette argumentation est « le chantage » qu’exercerait la Russie pour empêcher l’aide occidentale au gouvernement ukrainien.
La démonstration sous-jacente est « qu’il ne peut y avoir de guerre nucléaire entre puissances nucléaires en vertu de la règle de la dissuasion nucléaire. ».
Le déni
Pourquoi ce déni alors que les risques sont évidents. Même à l’époque, en 1960, de l’épisode des missiles soviétiques installés sur le sol cubain, ils n’ont pas été aussi grands. Il s’agit ici, d’une situation, par bien des côtés plus tendue : l’encerclement de la Russie par l’OTAN, l’utilisation directe des énormes moyens militaires ainsi que des immenses ressources financières des Etats-Unis et de l’Union européenne contre la Russie, une confrontation qui devient de plus en plus directe entre puissances nucléaires, par Ukraine interposée. Les Etats-Unis et les puissances nucléaires occidentales, ont même fait savoir, à de nombreuses reprises, qu’elle étaient prêtes à faire tirer leurs missiles de longue portée sur le territoire russe, en profondeur. Y a-t-il eu un tel précédent ?
Le monde entier est conscient des risques d’une déflagration nucléaire, sauf l’Occident.
Comment expliquer ce déni ? …
Auteur: Djamel LABIDI

