Victime d’un manager incompétent ? Bienvenue en « kakistocratie » !

Alors que la compétence est vue comme un pilier du monde du travail, l’incompétence est partout. Le problème est qu’elle ne se niche pas uniquement dans les emplois subalternes, mais qu’on la retrouve dans les gouvernances de nombreuses organisations. Bienvenue en « kakistocratie », le monde de l’incompétence !

Le mot kakistocratie est construit à partir de deux mots grecs : kakistos (le pire) et cratos (le pouvoir). J’ai mené une enquête pendant trois années pour analyser le phénomène, plus répandu qu’on ne le pense, et comprendre comment on pouvait en sortir. On pourrait supposer que ce type de gouvernance est réservé à quelques grandes institutions publiques (les bureaucraties), avec quelques illustrations savoureuses en littérature (Ubu Roi) ou au cinéma (Les Tuche à l’Élysée). Or, j’ai pu constater qu’on la retrouve également dans des multinationales comme dans des start-up ou des très petites entreprises (TPE).

Si les kakistocraties existent depuis le début de l’humanité, le sujet trouve une nouvelle actualité avec le développement exponentiel du numérique et tout particulièrement de l’intelligence artificielle (IA), qui génère la « présomption de compétences ».

Mais avec quelle consistance ? Quelle profondeur ?

Souffrance et sous-performance

Les effets de la kakistocratie sur les collaborateurs de l’entreprise sont toujours les mêmes : sentiment d’inutilité, d’incompréhension, de frustration, avec comme conséquences l’absentéisme, le désengagement, le départ et bien sûr la sous-performance. Marc*, 41 ans, qui travaille dans le secteur informatique, en témoigne :

« J’ai travaillé des années avec un manager incompétent. Le pire, c’est qu’il ne se remettait jamais en cause. On était obligés de faire à sa place, ou bien de réparer ses c**. J’ai souvent remonté l’info, preuves à l’appui. Rien n’y a fait. Il était protégé par…

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Auteur: Isabelle Barth, Secrétaire général, The Conversation France, Université de Strasbourg