Victime d'un traitement hormonal, elle est devenue lanceuse d'alerte

« Après l’opération, une bouillie sortait de ma bouche. Alors, j’ai posé ma question à l’écrit. Quelles sont les chances que mes tumeurs soient liées à mon traitement ? » La réponse du médecin a été sans appel : 100 %.

Victime de l’Androcur, un médicament inhibiteur d’hormones, Emmanuelle Huet-Mignaton se bat contre la minimisation des effets secondaires par le corps médical. Et en a fait une cause pour améliorer l’information des femmes sur leur santé. Ce traitement, prescrit aux femmes souffrant d’hirsutisme (une pilosité jugée excessive), l’a aussi été pour traiter l’endométriose, l’acné, pour la contraception et donné aux femmes transgenres. Il est prouvé depuis vingt ans que ses effets secondaires peuvent être dévastateurs, et son usage est désormais davantage encadré.

Le jardin du Luxembourg où Reporterre a retrouvé Emmanuelle Huet-Mignaton, à Paris, est à deux pas de l’hôpital Sainte-Anne où elle se rend régulièrement. Plus exactement le service de neurochirurgie où, il y a dix ans, le docteur Johan Pallud lui avait annoncé — après deux ans d’errance médicale — qu’elle souffrait d’une tumeur au cerveau. L’IRM a même fini par en révéler cinq. Après une trépanation pour enlever le plus volumineux des méningiomes a commencé le début d’une longue convalescence, mais également de sa bataille.

Elle a montré que son cas n’était pas isolé : entre 2009 et 2018, 2 578 femmes ont subi une opération visant à leur enlever une tumeur cérébrale à cause de l’Androcur, commercialisé par Bayer depuis les années 1980, du Lutényl ou du Lutéran, des médicaments dérivés de la progestérone (dits progestatifs). Aujourd’hui, les virées à l’hôpital d’Emmanuelle Huet-Mignaton sont pour les autres, au nom de l’association de patientes victimes de méningiomes qu’elle a créée : Amavea.

« Trois gynécologues m’ont prescrit ce traitement…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Magali Reinert