Bruno Retailleau à été désigné à la présidence du parti Les Républicains face à Laurent Wauquiez dimanche 18 mai. Le positionnement de son parti pourrait-il répondre aux aspirations « trumpistes » d’une partie des électeurs français – si l’on entend par trumpisme une combinaison de libéralisme économique, d’autoritarisme et de critique de la démocratie considérée comme inefficace ?
L’élection du nouveau président du parti Les Républicains (LR) le 18 mai 2025 se revêt d’une importance toute particulière dans l’histoire récente des droites en France. Certes, la compétition entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez a mis en lumière le besoin pour les LR de renouveler leurs équipes dirigeantes après le long déclin du parti, puis les affaires judiciaires qui se sont accumulées sur la personne de Nicolas Sarkozy après celles qui ont visé François Fillon en 2017.
Mais la désignation du nouveau patron de LR, Bruno Retailleau, constitue également une étape décisive pour la droite dite républicaine dans la préparation de l’élection présidentielle de 2027. Celle-ci revêt pour elle un double enjeu : sortir le pays d’une crise démocratique qui n’en finit plus en reprenant le récit de la Ve République et trancher la question centrale de savoir qui sera en mesure d’assurer l’union des droites face à un Rassemblement national (RN) ayant connu une dynamique électorale sans précédent lors des élections législatives de 2022 et de 2024.
En d’autres termes, les adhérents de LR doivent également se demander si leur parti doit garder ses distances avec le RN et affirmer sa différence ou bien, au contraire, jouer la carte de la convergence avec lui afin d’attirer la partie la plus bourgeoise de son électorat.
Sur le terrain idéologique, la question pour LR est de savoir comment absorber l’effet de souffle du trumpisme.
Le trumpisme est l’expression propre aux États-Unis…
Auteur: Luc Rouban, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po

